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Sur son passeport soudanais, il était écrit qu'il pouvait voyager dans tous les pays du monde, à l'exception d'Israël. C'est pourtant à Eilat, cité balnéaire israélienne du bord de la mer Rouge, qu'a pris fin le long et périlleux voyage de Nour El-Din. Il porte sur les mollets de profondes éraflures laissées par trois jours de course folle à travers le Sinaï égyptien et le passage des barbelés à la frontière. Et des cicatrices plus anciennes, de la guerre du Darfour.
Depuis deux mois, ce Soudanais de 24 ans est employé par l'Hôtel Royal Beach. Balai à la main, engoncé dans son tablier, il scrute les montagnes rocailleuses penchées sur la mer. "Mes montagnes, au Darfour, étaient douces et vertes, souffle-t-il. Je ne supportais plus la guerre, mais j'aimais mon pays. Quelle ironie, voilà que je vis dans le seul endroit de la terre qui m'était interdit ! Que Dieu me pardonne, car le Soudan ne me le pardonnera jamais."