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Catherine Wihtol de Wenden, vous êtes directrice de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (CERI-CNRS). Quel est l'enjeu du regroupement familial pour l'étranger venu s'installer en France ?
Le regroupement familial n'est pas seulement un droit : il est un gage essentiel d'intégration pour tous ceux qui aspirent à s'inséer dans la société d'accueil au-delà du cadre du travail.
Il s'inscrit dans la recherche d'un mieux être qui fait partie du projet migratoire lui-même. Avant même d'être réglementé en 1976, le regroupement familial existait déjà : les travailleurs étrangers dotés d'un statut pouvaient en effet faire venir femme et enfants.
Lorsqu'en 1974, le gouvernement a suspendu l'immigration de travail, il cherchait aussi à supprimer l'immigration familiale. Mais, en 1977, le Conseil d'Etat a consacré le regroupement familial, fondé sur le principe constitutionnel du droit à vivre en famille. Ce principe n'a jamais été remis en cause mais les gouvernements ont cherché en permanence à le rogner.