asile immigration asulon asylon
Les étrangers en rétention à Vincennes : "On se sent des moins que rien"
Mouvement de résistance, grèves de la faim, débuts d'incendies, automutilations... "Je n'en peux plus", lâche un Maghrébin montrant ses mains tailladées et suturées. L'homme qui parle est derrière les grilles surmontées de barbelés d'un des deux centres de rétention administrative (CRA) de Vincennes.
Sur fond de tensions à répétition depuis plusieurs semaines, <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Préfecture">la Préfecture</st1:PersonName> de police de Paris a accepté, jeudi 21 février, de jouer la transparence et d'ouvrir au Monde les portes des deux structures situées en plein coeur du bois de Vincennes, où sont maintenus à huis clos des étrangers en instance d'une expulsion. Ce jeudi-là, ils sont 133 hommes dans le "CRA 2", et 127 dans le "CRA 1", où la tension est particulièrement palpable. C'est ici qu'une semaine auparavant, dans la nuit du 11 au 12 février, en représailles à l'injonction qui leur était faite de quitter brutalement à 23 h 30 la salle de télévision, des "retenus" ont mis le feu à des draps, incendiant deux chambres. La veille, encore, plusieurs dizaines ont refusé de se nourrir et ont consigné leurs doléances dans une lettre adressée à la direction de l'établissement et à la préfecture. Ils expliquent leur geste par "le manque de la moindre des choses, la nourriture, les chambres sans chauffage, pas d'eau chaude, l'hygiène, les provocations des forces de l'ordre et, la chose la plus importante, la privation de notre liberté".