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C'est dans un faubourg d'Angers (Maine-et-Loire), dans le studio de sa fiancée, native, comme lui, de Tchétchénie, qu'Adam Siev, âgé de 28 ans, a posé son bagage. Il salue les visiteurs d'un timide "bonjour", l'un des rares mots de français qu'il connaisse. Visage carré, épaules massives, le jeune homme a l'air étonné d'être là. Il a raison. Sans doute est-il l'un des derniers émigrés tchétchènes à avoir pu gagner <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la France. L'un">la France. L'un</st1:PersonName> des derniers miraculés de cette guerre oubliée des confins de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Russie">la Russie</st1:PersonName>, qui n'ait pas, sitôt arrivé à Roissy, été renvoyé directement à Moscou. Adam Siev est un genre de migrant en voie d'extinction : il a eu finalement accès au formulaire de demande d'asile... Il est vrai qu'Adam Siev est un voyageur atypique : plutôt que de s'envoler pour l'Europe d'un aéroport d'Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie voire de Turquie ou d'Egypte - comme le font la majorité des candidats à l'exil d'origine tchétchène -, il a choisi de partir de Moscou, avec un billet pour Alger via Paris ou, plus exactement, via Roissy. Ce choix inhabituel se révélera payant.