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Elle habite un petit deux-pièces au-dessus du carrefour de Belleville à Paris, avec son mari et ses enfants, Liang et Patrick. Un calendrier chinois accroché au mur, des photos de classe posées sur une étagère et une petite fenêtre "bien commode" au fond de la pièce. "En me penchant, j'aperçois les entrées du métro, explique Mme C., une Chinoise sans papiers qui est coiffeuse à domicile. Avant de sortir, je regarde toujours s'il y a des fourgons de police. S'ils sont là, je reste chez moi, c'est trop dangereux."
Arrivée en France en 2002, Mme C. sait ce qu'une imprudence peut coûter à un sans-papiers : en juillet 2005, elle a été arrêtée et expulsée quinze jours plus tard vers Shanghaï. "Dans l'avion, je pleurais, je pensais à mes enfants, à mon fils Patrick, qui avait seulement 2 ans. J'avais les pieds et les mains menottés." Deux mois et demi plus tard, Mme C. était de retour en France avec de faux papiers. "Que faire là-bas, en Chine, toute seule ?, demande-t-elle. Je suis clandestine mais mon mari, mes enfants, tout ce qui compte pour moi est à Paris."