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Il est 17 h 45, la fanfare entonne What a Wonderful World, de Louis Armstrong, et la salle des fêtes de la mairie de Leichhardt, dans la banlieue de Sydney, se remplit petit à petit. Il fait bon, les pales des ventilateurs tournent au plafond, les petits gâteaux attendent sur une nappe en papier au fond, tout le monde est de bonne humeur. Les invités arrivent en famille ou entourés d'amis, en talons aiguilles ou en tongs, avec ou sans poussette, un peu émus ou rayonnants de satisfaction. C'est un grand jour pour madame le maire, Carolyn Allen, qui émerge, parée d'une toge noire bordée d'hermine : "C'est ma première cérémonie de naturalisation", prévient-elle.
Mme Allen n'a pas à s'inquiéter. La soixantaine de nouveaux citoyens qui vont prêter serment devant elle ont adopté le mode de vie local et sa décontraction bien avant de prendre la nationalité australienne. A chacun a été distribuée, à l'entrée, une enveloppe avec un petit drapeau, les deux formules du serment d'allégeance - au choix, "devant Dieu" ou à la nation - et le texte de l'hymne national, que l'on chantera en choeur à la fin. Après le discours très positif de Mme Allen - qui se félicite de l'arrivée d'un gendre libano-australien dans sa propre famille -, chaque nouveau citoyen se voit remettre un superbe certificat de nationalité par le maire et pose pour une photo, certificat en main.