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Messaoud Bouzelmat, Marocain de 44 ans, travaille depuis vingt-sept ans dans la même exploitation agricole. Chaque année, il vient cultiver les tomates dans les Bouches-du-Rhône. "Comme saisonnier, on ne peut rien dire. Car on sait que le patron peut ne pas renouveler notre contrat l'année suivante, explique-t-il. J'en connais beaucoup qui ont travaillé des années ici et aujourd'hui sont au bled. On s'use la vie ici et du jour au lendemain on nous dit c'est terminé."
Mais M. Bouzelmat fait partie des 23 travailleurs saisonniers étrangers des Bouches-du-Rhône pour qui "travailler plus pour gagner plus" pourrait devenir une réalité. En ordonnant au préfet de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tribunal administratif de Marseille vient, dans des jugements en référé rendus publics lundi 31 mars, de leur reconnaître le statut de travailleur à titre permanent. Un statut qui leur ouvre la possibilité de travailler durant les douze mois de l'année et de bénéficier de tous les droits ouverts par leurs cotisations.
Présents en France depuis quinze ou vingt ans, voire plus, ces ouvriers agricoles ont tous travaillé huit mois par an, alors même que la réglementation limitait à six mois leurs contrats. Sauf dérogation exceptionnelle. En fait, pendant des années, la direction départementale du travail a systématiquement prolongé leurs contrats saisonniers, établis à l'origine pour quatre ou six mois. Malgré la loi sur l'immigration de juillet 2006, qui a limité la durée de ces emplois à six mois, l'administration a encore prolongé des contrats en 2007.