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ASULON EUROPE

1ère association européenne des professionnels de l'asile et de l'immigration

« Le syndrome d'Ulysse » Santiago Gamboa | 27 septembre 2007

 

À l'époque, la vie ne me souriait pas vraiment. Elle me faisait même la grimace, presque un rictus. C'était au début des années 90. Je vivais à Paris, la ville des voluptés peuplée de gens prospères, ce qui n'était pas mon cas. » Locataire d'une chambre de neuf mètres carrés à Neuilly-sur-Seine, Esteban tente tant bien que mal de survivre à sa condition d'exilé colombien sans le sou. Entre son doctorat à la Sorbonne et les quelques cours d'espagnol qu'il a décroché pour payer son loyer, il fréquente d'autres émigrés, étudiants comme lui, anciens leaders guérilleros ou prostituées, apprend leur histoire et trouve son salut dans leur amitié. Au fil des rencontres, Esteban fait un étrange constat : depuis qu'il vit dans cette ville grouillante de fantômes et qu'il est pauvre, sa vie sexuelle s'est considérablement enrichie, comme si la misère engendrait une sorte d'érotisme et exprimait un besoin. « Le désir de rester en vie envers et contre tout, ou la constatation rassurante qu'au plus souterrain et qu'au plus bas, dans les sous-sols les plus obscurs, on continue d'imiter les gestes de la vie. Un sexe plein de compassion ou de désespoir, mais qui reste la meilleure chose qu'on puisse offrir. » Faisant courir la langue en toute liberté, Santiago Gamboa scrute attentivement ces moments de bonheur fugaces qui fleurissent sur la solitude des exilés. Sa volubilité est vertigineuse, qui précipite les mots et les phrases sans perdre le souffle. Le syndrome d'Ulysse est l'un des grands romans de cette rentrée

Publié par Asulon à 20:25:32 dans Bibliographies | Commentaires (0) |

"Cachan, la vérité : le défi migratoire" de Pascale Egré et Pierre Henry. Ed. de l'Aube, 224 p. | 19 septembre 2007

 

Il y a un an, qui aurait parié que la quasi-totalité des squatteurs de Cachan en situation irrégulière obtiendraient un titre de séjour ? Personne, compte tenu des discours de fermeté martelés par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, à propos des sans-papiers.

Mais ce scénario a pourtant fini par s'imposer, à la suite du protocole conclu, début octobre 2006, par l'Etat et par les représentants des familles, retranchées dans un gymnase après leur évacuation manu militari d'une résidence universitaire. Sur les 239 adultes concernés par cet accord, 231 ont été régularisés discrètement, en plusieurs vagues. Maniant d'abord le bâton, Nicolas Sarkozy s'est finalement converti au "réalisme" pour mettre fin à une situation de crise, commente Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile (FTDA), dans le livre qu'il a coécrit avec Pascale Egré, reporter au Parisien.

Publié par Asulon à 20:40:13 dans Bibliographies | Commentaires (0) |

« Face aux migrants : état de droit ou état de siège ? » de Danièle LOCHAK | 19 septembre 2007

 

Depuis 1980, on assiste, en France et en Europe, à un durcissement législatif sans précédent pour contrôler les flux migratoires et pour lutter contre l'immigration clandestine. Avec des résultats plus que médiocres, tant en terme de maîtrise de ces flux qu'en terme de droits de l'homme, remis en question pour les questions d'asile et de 'rétention' arbitraire

Publié par Asulon à 20:36:25 dans Bibliographies | Commentaires (0) |

Le Roman de la rentrée 2007 en France ! | 05 septembre 2007

 

« A l'abri de rien » est l'un des meilleurs romans français de la rentrée! Olivier Adam décrit l'absence d'avenir près du centre de Sangatte. Portrait d'un jeune écrivain arrivé à maturité.

Il est l'écrivain des fêlures, des émotions à fleur de peau. Ses livres montrent des héros à bout de souffle, prêts à basculer. Olivier Adam parvient comme personne à décrire des vies comme celles des autres, comme les nôtres. Avec l'étouffant et splendide A l'abri de rien, le voici qui risque d'agrandir une audience déjà large. Certains verront là un roman sur Sangatte, le centre d'hébergement et d'accueil d'urgence humanitaire inauguré en septembre 1999, près de Calais et du tunnel sous la Manche - Sangatte où stationnèrent près de quatre-vingt mille réfugiés kurdes, afghans ou iraniens avant sa fermeture en 2002. D'autres liront dans l'histoire d'une femme qui fait l'expérience du don et de la compassion jusqu'à la folie mystique un pendant littéraire à Europe 51 de Rossellini. (Alexandre Fillon)

Publié par Asulon à 22:00:41 dans Bibliographies | Commentaires (0) |

« Yin et yang » - Livre - Les nouveaux visages de l'émigration chinoise, reflets d'une mondialisation inégalitaire ! | 30 août 2007

Depuis les années 1980, les mutations économiques et politiques en Chine ont permis et provoqué une reprise de l'émigration issue des provinces côtières de Chine du Sud vers l'Europe de l'Ouest mais aussi l'essor de celle de la Chine du Nord. Parallèlement, la chute du communisme dans l'ex-URSS et l'ouverture politique et économique de l'ancien bloc de l'Est ont ouvert de nouveaux espaces à cette émigration. Elle s'est parallèlement diffusée dans des pays d'Europe du Sud et du Nord où elle était absente.

Dans un livre passionnant, la sociologue Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherches au CNRS, a rassemblé, à côté de ses propres travaux sur le sujet, les analyses d'une dizaine de chercheurs européens présentant la situation en Russie, en Bulgarie, en Autriche, au Portugal ou à Naples, et un contrepoint de Wang Chunguang, de l'Académie des sciences sociales de Pékin. L'ouvrage décrit les nouveaux itinéraires des migrants et la diversification des activités dans lesquelles ils ont été conduits à s'investir, au gré de la saturation progressive des secteurs traditionnels comme la restauration et le petit commerce ethnique, de l'apparition de besoins de main-d'oeuvre dans les industries locales ou de l'émergence de la Chine comme atelier et fournisseur du monde.

Il apparaît une féminisation et une hiérarchisation accrues de cette émigration, révélant le processus de mondialisation économique « par le haut » comme « par le bas ». D'un côté, des étudiants chinois en Europe qui deviennent souvent entrepreneurs, des hommes et des femmes d'affaires, des cadres, des migrants bénéficiant de forts réseaux de solidarité locaux et en Chine. De l'autre, des ouvriers mal payés et vulnérables, une main-d'oeuvre féminine peu qualifiée et insécurisée socialement, la dure vie des petites mains du secteur informel.

Le livre montre le rôle des routes du commerce et de l'émigration, comme le lien que constitue le Transsibérien pour les échanges avec l'Europe. Il décrit aussi les peurs dans les pays européens, les discriminations et l'influence des mesures restrictives contre l'immigration.

En conclusion, l'analyse du chercheur chinois Wang Chunguang réconcilie cependant, vue de Pékin, la mondialisation « par le bas » et « par le haut », soulignant les réseaux informels de solidarité qui permettent notamment aux récents émigrés de trouver des capitaux pour financer leur ascension sociale : « La plupart des ouvriers chinois travaillent pour des employeurs chinois qui les nourrissent en même temps. Par rapport aux petits et moyens entrepreneurs locaux, les entrepreneurs chinois gagnent relativement plus d'argent. (...) Par contre, le salaire des ouvriers chinois est moins élevé que celui des ouvriers locaux et, surtout, leurs conditions de travail sont moins bonnes ; mais ils peuvent devenir entrepreneurs en moins de dix ans et s'enrichir assez rapidement, incarnant alors un modèle de «réussite» sociale et économique. »

Adrien de Tricornot

Publié par Asulon à 19:09:19 dans Bibliographies | Commentaires (0) |

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