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Il y a quelques semaines à peine, un week-end, 311 immigrés clandestins, originaires pour la plupart des pays de la région subsaharienne, ont été repêchés au large des îles Canaries alors qu'ils tentaient de gagner l'Europe, promesse d'une vie meilleure. Ceux-là ont eu de la chance : on ne compte plus les hommes, les femmes et les enfants qui ont perdu la vie au cours de leur voyage vers l'espoir. Ces scènes sont devenues monnaie courante, que ce soit au large des côtes espagnoles, italiennes ou maltaises.
Certains hommes politiques aimeraient faire croire qu'il est possible, en dernière analyse, de contrôler l'immigration clandestine en renforçant encore la sécurité autour de la "forteresse Europe". Je peux vous assurer qu'il s'agit d'un voeu pieux destiné à détourner l'attention du public choqué par les images de centaines d'Africains épuisés, à l'agonie, venant échouer sur les plages. Tout citoyen européen devrait se demander en quoi ces femmes et ces hommes sont tellement différents de nos ancêtres - qui ont quitté tout ce qui leur était si cher pour se lancer dans l'aventure d'une vie nouvelle et meilleure dans un autre pays, sur un autre continent.
La seule réaction intelligente et honnête face à cette immigration est d'instituer un dialogue réciproque avec les pays d'origine ou de transit, d'examiner les perspectives offertes par une coopération judiciaire renforcée et de fournir une meilleure aide au développement. L'ouverture, cette semaine, au Mali d'un centre pilote d'information et de gestion des migrations illustre concrètement la manière dont l'Europe et l'Afrique tentent, en partenariat, d'aider les immigrés de manière légale, équitable et digne, avantageuses pour toutes les parties concernées.
Publié par Asulon à 19:14:28 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
Dans la vallée du Rhône, en Andalousie, dans la région des Pouilles en Italie, la transformation totale des modes de culture des fruits et légumes s'est accompagnée d'une précarisation encore accrue, et aujourd'hui extrême, de la main-d'œuvre, majoritairement étrangère, de ce secteur. Contrats courts voire emploi illégal, dépendance totale vis-à-vis d'employeurs imposant des conditions de travail et d'hébergement indignes, invisibilisation des atteintes à la santé, tout un système d'exploitation et de déréglementation du droit du travail s'est développé contre lequel les saisonniers étrangers tentent depuis quelques années de se mobiliser.
Publié par Asulon à 22:58:32 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
Brice Hortefeux, le ministre français de l'immigration, a pris une curieuse habitude, qui fait sourire les journalistes. Lorsqu'il rend compte à la presse des travaux européens, il ne répond à aucune question sans consulter d'abord son principal collaborateur, Patrick Stefanini, secrétaire général du ministère, placé à côté de lui à
Il est vrai qu'il n'est pas facile d'expliquer en quoi le pacte sur l'immigration et l'asile, l'une des principales contributions de la présidence française, innove vraiment par rapport aux nombreux documents adoptés précédemment par les Vingt-Sept sur les mêmes sujets. Les cinq volets de la politique consignée par ce pacte - l'organisation de l'immigration légale, la lutte contre l'immigration clandestine, le renforcement des frontières extérieures, la mise en place d'un régime commun d'asile, le développement d'un partenariat avec les pays tiers - figurent déjà dans le programme de La Haye, approuvé en 2004 par les chefs d'Etat et de gouvernement, sous présidence néerlandaise, puis dans les conclusions du Conseil européen de décembre 2006, sous présidence finlandaise.
Publié par Asulon à 22:34:50 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
L'évolution démographique des pays de l'Union européenne au sein d'un monde en mouvement est riche de conséquences sur sa place dans le monde. Beaucoup d'analystes " refusent de voir " le lien entre croissance économique et dynamisme démographique et ne cherchent donc pas à le vérifier. Pour compenser son déficit démographique, l'Union européenne va devoir ouvrir ses frontières à une forte immigration, pensée comme fruit d'un choix sélectif, et s'attacher à réussir l'intégration. Au cours de ces dernières années, l'Europe, qui peine à contrôler ses frontières, range l'immigration dans les questions sécuritaires et tente d'associer à cette tâche ses voisins du Sud, alors qu'elle est devenue l'une des plus grandes régions d'immigration du monde. Mais elle tarde à se reconnaître comme telle car elle a longtemps considéré l'immigration comme un phénomène provisoire et elle a ensuite donné la priorité à la sécurité sur les besoins de main d'œuvre et sur les impératifs d'inclusion sociale plutôt que de prendre en compte le vieillissement de sa population. La poursuite de l'arrivée clandestine de nouveaux arrivants est vécue comme une " invasion de pauvres " venant s'installer dans une Europe impuissante à protéger ses frontières. Tous les éléments parfois contradictoires qui lui sont posés par cette nouvelle donne (problème démographique, immigration nécessaire, intégration indispensable) nourrissent pourtant la conviction qu'il s'agit là d'un atout à saisir particulièrement important.
Quels liens peut-on faire entre tendances démographiques, besoin d'immigration
et nécessité de vivre ensemble ? Les démographes s'accordent pour
constater que l'Europe est entrée dans une phase de vieillissement
démographique qui va s'accroître avec l'arrivée à l'âge de la retraite des
" baby boomers " à l'horizon 2010. Aussi, l'immigration
est-elle considérée à la fois comme un facteur de croissance démographique de
l'Europe à l'horizon 2030 et comme une réponse aux besoins de main d'œuvre,
tant dans des secteurs ne pouvant pas être délocalisés à l'étranger que dans
ceux qui affrontent la concurrence mondialisée où les profils d'immigrés les
plus recherchés peuvent apporter un élément de dynamisme économique et de
créativité dans une concurrence mondialisée pour le recrutement des plus
compétents. Mais l'immigration est surtout vécue comme un traumatisme dans la
plupart des pays européens. L'idée qu'il faut trouver des solutions pour vivre
ensemble, de façon plus harmonieuse et dans le respect des droits de l'Homme,
avec une population étrangère qui bouge mais qui peut s'installer est encore
assez peu partagée. Comment résoudre cet ensemble de paradoxes ?
Au moment de la présidence française de l'Union européenne, de la mise en œuvre
du Pacte européen sur l'immigration et du lancement du projet d'Union pour
http://www.robert-schuman.org/question_europe.php?num=qe-111
Publié par Asulon à 14:17:27 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
La "directive de la honte" a été la cible principale du 3e Forum social mondial des migrations (FSMM) qui s'est conclu, dimanche 14 septembre à Madrid, par une manifestation "pour un monde sans murs", rassemblant près de 5 000 personnes dans le centre de la capitale espagnole.
La directive récemment adoptée par l'Union européenne (UE) sur le retour des étrangers en situation irrégulière allonge à dix-huit mois la durée possible de rétention et interdit aux expulsés de revenir en Europe avant cinq ans. Elle constitue "une escalade dans la criminalisation des migrants", a estimé le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des migrants, le Mexicain Jorge Bustamante, en ouverture des trois jours de débats qui ont réuni plus de 2 000 délégués de 90 pays, à Rivas Vaciamadrid, dans la banlieue madrilène.
Aux yeux des participants à ces rencontres, qui sont une émanation du Forum social mondial lancé en 2001 à Porto Alegre (Brésil), la norme dite "retour" est un mur, au même titre que celui que les Etats-Unis érigent physiquement à la frontière mexicaine.
"Faire des immigrants les boucs émissaires de la crise économique est typique d'une mentalité raciste qui les considère indésirables mais nécessaires et qui préfère qu'ils soient vulnérables pour mieux les exploiter", a proclamé le Brésilien Luiz Baseggio, porte-parole du comité international du FSMM.
Exhortant l'Europe à "retrouver sa vocation à travailler à une intégration mondiale", la motion finale du Forum réclame le retrait de la directive, ainsi que la ratification par les pays européens de
Publié par Asulon à 09:22:09 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
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