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ASULON EUROPE

1ère association européenne des professionnels de l'asile et de l'immigration

« Ils ont tout pour être régularisés, mais ...» | 07 avril 2008

En France depuis dix-huit ans, Sara Camara, un Malien quadragénaire, a travaillé treize ans pour le ministère de la culture. Recruté en décembre 1992 comme gardien suppléant à la Conciergerie de Paris, il a même été titularisé le 1er juillet 1998 en tant qu'agent d'entretien par le Centre des monuments nationaux (CMN). Jusqu'au jour où la situation lui pesant trop, il a avoué utiliser de faux papiers et travailler, en fait, sous l'identité de son oncle, même prénom même nom et qui, lui, est en règle.

"Entré irrégulièrement en France, pour pouvoir travailler et subvenir aux besoins de ma famille, je n'avais pas le choix au départ. Mais, explique-t-il, je ne pouvais pas continuer toute ma vie à mentir, et, en plus, à travailler sans pouvoir aller chez le médecin et sans retraite au bout."

Le 29 novembre 2005, M. Camara dépose une demande de régularisation. Son employeur public lui laisse alors deux mois pour se retourner, avant, finalement, d'être contraint, par la préfecture de Seine-Saint-Denis de le licencier. Le directeur du CMN lui promet néanmoins de lui garder son poste. Mais, un an et demi plus tard, M. Camara reste toujours sans nouvelle de la préfecture. Et ce, malgré de nombreuses interventions d'élus auprès du préfet, non des moindres : Bernard Accoyer, Jacques Méhas, André Santini, Jean-Christophe Lagarde, pour ne citer qu'eux. En vain.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/07/ils-ont-tout-pour-etre-regularises-mais_1031617_3224.html#ens_id=1031066

Publié par Asulon à 20:40:05 dans France actualités | Commentaires (0) |

« Incohérence et injustice » | 07 avril 2008

Baba Traoré avait 29 ans. Vendredi 4 avril, ce Malien sans papiers s'est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police, et est décédé. Baba Traoré était venu en France, il y a quatre ans, pour donner un rein à sa soeur. Depuis, il travaillait clandestinement. Elisabeth Guerin a 38 ans. Entrée légalement en France pour épouser un Français, cette Béninoise n'avait qu'une carte de séjour temporaire en attendant d'avoir trois ans de mariage. Lorsque son mari est décédé, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de renouveller son titre de séjour - jusqu'à ce que la révélation du scandale par Le Monde l'oblige à changer de position.

Chaque jour apporte son lot d'exemples des incohérences de la politique de l'immigration. Certes, la lutte contre l'immigration clandestine et illégale est nécessaire, surtout si elle s'accompagne d'une action résolue contre les trafiquants de main-d'oeuvre, qui sont de véritables marchands d'esclaves. Mais elle ne saurait justifier tous les moyens, comme cette aberrante politique du chiffre qui entretient un climat de peur chez les sans-papiers et n'a même pas l'alibi de l'efficacité. En 2007, avec près de 23 000 "éloignements" d'étrangers, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, n'a pas atteint l'objectif assigné, de 25 000. Or, dans le même temps, selon l'Insee, la France a accueilli 70 000 immigrés de plus.

 

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/04/07/incoherence-et-injustice_1031755_3232.html#ens_id=1031066

Publié par Asulon à 20:39:24 dans France actualités | Commentaires (0) |

« Droit d'asile : les pouvoirs publics restent sourds aux alertes » | 04 avril 2008

A l'occasion de la publication le 3 avril du rapport d'activité de l'année 2007 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), les associations membres de la Coordination française pour le droit d'asile (CFDA) souhaitent faire un premier bilan de plusieurs recommandations adressées aux pouvoirs publics début 2008 concernant la situation de l'asile en France mais malheureusement restées sans réponse à ce jour.

Le rapport de l'Ofpra révèle qu'en 2007, le nombre de demandes d'asile enregistrées chute pour la quatrième année consécutive (d'environ 15 %).

Le taux de reconnaissance global [1], de l'ordre de 30 %, a augmenté de manière significative en 2007, essentiellement en raison des décisions prises en appel annulant les rejets de l'Ofpra [2]. Cependant, la CFDA s'inquiète de la nouvelle chute des premières demandes, en grande partie due aux mesures restreignant l'accès à notre territoire et visant à dissuader l'arrivée des demandeurs. Le 22 février, la CFDA s'est adressée à Bernard Kouchner et Brice Hortefeux pour dénoncer l'imposition d'un « visa de transit aéroportuaire » à deux nouvelles catégories de personnes visant en fait à empêcher les réfugiés somaliens et tchétchènes d'arriver à nos frontières [3].

 

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site http://cfda.rezo.net

 

Publié par Asulon à 18:31:44 dans France actualités | Commentaires (1) |

« TRIER L'HUMAIN » par Jean-Luc Pujo, Prd d'Asulon France | 02 avril 2008

Sous l'assaut de courants intellectuels réactionnaires, l'Europe - comme les Etats-Unis - connaît aujourd'hui la mise en œuvre d'une véritable Société de contrôle dont les signes premiers apparaissent à travers l'organisation du tri et du classement de l'Humain.

Identification et classement apparaissent sous des formes les plus élaborées - fichiers, puces, enregistrements vidéos, fichiers ADN, contrôles des communications -  font appel à la plus haute technologie et ce à une échelle insoupçonnée.

On annonce déjà des modalités de ce tri de l'Humain à partir de critères tout contestables : biologique, psychologique.

Ce tri s'accompagne bien sûr d'une régulation spatiale - on ouvre des camps - et de régulation temporelle - la « rétention de sûreté » permet l'enfermement à vie.

La peur de l'autre devient le ciment de ce basculement qui entraîne un véritablement bouleversement politique.

Tous les pans de l'activité humaine sont concernés : une immense entreprise de régulation tente ainsi de s'imposer.

Nous assistons alors impuissant à l'élaboration de règles visant à organiser le « Parc humain » - pour reprendre l'expression du philosophe allemand Peter Sloterdijk -  aux conséquences immenses.

L'ère industrielle a produit Auschwitz.

Que produira la nouvelle ère de contrôle bio-technologique ?

La mise en œuvre de cette société de contrôle - annoncée par Michel Foucault - a déjà ses cobayes tout désignés - d'abord le faible.

Et le faible, c'est aujourd'hui cet autre, l'immigré, l'étranger.

Ainsi, les modalités de tri que nous imposons - et qui font injure à deux siècles d'émancipation de l'Homme portée par la pensée des Lumières - ne sont que la phase première de ce contrôle généralisé.

Aussi, pouvons-nous remarquer que ce glissement général n'est pas à proprement parlé un glissement « xénophobe » mais bel et bien un glissement anti-humaniste.

Nous sommes -  à très court terme - tous visés.

Ne sommes-nous pas d'ailleurs d'ores et déjà cernés par un maillage technologique inquiétant ?

Ne manque plus que le basculement collectif.

Or, si le contrôle par l'Etat est une garantie de l'ordre, en revanche, la Société de contrôle généralisée opère un basculement vers l'inadmissible qui nous met tous en danger. Nous y sommes - bientôt, presque  - Comment ne pas résister ?

 

Publié par Asulon à 10:05:16 dans Textes & contributions | Commentaires (0) |

« Des saisonniers étrangers des Bouches-du-Rhône reconnus travailleurs permanents » | 01 avril 2008

 

Messaoud Bouzelmat, Marocain de 44 ans, travaille depuis vingt-sept ans dans la même exploitation agricole. Chaque année, il vient cultiver les tomates dans les Bouches-du-Rhône. "Comme saisonnier, on ne peut rien dire. Car on sait que le patron peut ne pas renouveler notre contrat l'année suivante, explique-t-il. J'en connais beaucoup qui ont travaillé des années ici et aujourd'hui sont au bled. On s'use la vie ici et du jour au lendemain on nous dit c'est terminé."

Mais M. Bouzelmat fait partie des 23 travailleurs saisonniers étrangers des Bouches-du-Rhône pour qui "travailler plus pour gagner plus" pourrait devenir une réalité. En ordonnant au préfet de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tribunal administratif de Marseille vient, dans des jugements en référé rendus publics lundi 31 mars, de leur reconnaître le statut de travailleur à titre permanent. Un statut qui leur ouvre la possibilité de travailler durant les douze mois de l'année et de bénéficier de tous les droits ouverts par leurs cotisations.

Présents en France depuis quinze ou vingt ans, voire plus, ces ouvriers agricoles ont tous travaillé huit mois par an, alors même que la réglementation limitait à six mois leurs contrats. Sauf dérogation exceptionnelle. En fait, pendant des années, la direction départementale du travail a systématiquement prolongé leurs contrats saisonniers, établis à l'origine pour quatre ou six mois. Malgré la loi sur l'immigration de juillet 2006, qui a limité la durée de ces emplois à six mois, l'administration a encore prolongé des contrats en 2007.

 

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/04/01/des-saisonniers-etrangers-des-bouches-du-rhone-reconnus-travailleurs-permanents_1029642_0.html

Publié par Asulon à 19:09:45 dans France actualités | Commentaires (0) |

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