• Migrants & Mediterranée : "Ne militarisons pas nos frontières"

    Migrants : "Ne militarisons pas nos frontières" par MICHEL AGIER, anthropologue

    Migrants & Mediterranée : "Ne militarisons pas nos frontières" par MICHEL AGIER, anthropologue

    En plus de la répartition entre les pays européens d’un nombre très réduit de réfugiés statutaires (20 000 en deux ans à l’échelle de toute l’Europe), projet vite rejeté par plusieurs gouvernements dont celui de la France, la Commission européenne a proposé, et là avec la totale approbation des pays membres, une opération militaire contre les embarcations utilisées par les passeurs de migrants en mer Méditerranée.

     

    L’aval est demandé aux Nations unies au nom d’une « menace sur la paix » en Europe, mais l’intervention armée commencera sans attendre dans les zones maritimes internationales où pourraient se trouver (où se trouveront logiquement) les embarcations. Cette décision-ci, acceptée au niveau européen, risquerait d’être minimisée par le débat, certes important, sur le nationalisme anti-humaniste de M. Hollande ou M. Cameron. Elle est pourtant d’une portée considérable.

     

    Techniquement, on ne peut écarter le risque de « dégâts collatéraux », pour employer un langage militaire maintenant approprié, à savoir le risque d’atteindre des passagers ou des prétendants à l’embarquement qui se trouveraient dans les parages, voire cyniquement placés au plus près des zones de tir par les organisateurs des convois. Techniquement encore, chacun sait que cela ne fera que dévier les migrants vers d’autres circuits, toujours plus dangereux. Ce danger accru entraînera une augmentation du nombre de morts, à l’opposé de la justification officielle de l’Union européenne (UE), à savoir « sauver des vies ».

     SOURCE:

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/05/21/l-europe-prepare-une-guerre-aux-frontieres_4637328_3214.html?xtmc=migrants_michel_agier&xtcr=1

    [Photo : Des migrants dans le port de Messine en Sicile, le 16 mai 2015. ANTONIO PARRINELLO/REUTERS]


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