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Depuis les années 1980, les mutations économiques et politiques en Chine ont permis et provoqué une reprise de l'émigration issue des provinces côtières de Chine du Sud vers l'Europe de l'Ouest mais aussi l'essor de celle de
Dans un livre passionnant, la sociologue Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherches au CNRS, a rassemblé, à côté de ses propres travaux sur le sujet, les analyses d'une dizaine de chercheurs européens présentant la situation en Russie, en Bulgarie, en Autriche, au Portugal ou à Naples, et un contrepoint de Wang Chunguang, de l'Académie des sciences sociales de Pékin. L'ouvrage décrit les nouveaux itinéraires des migrants et la diversification des activités dans lesquelles ils ont été conduits à s'investir, au gré de la saturation progressive des secteurs traditionnels comme la restauration et le petit commerce ethnique, de l'apparition de besoins de main-d'oeuvre dans les industries locales ou de l'émergence de
Il apparaît une féminisation et une hiérarchisation accrues de cette émigration, révélant le processus de mondialisation économique « par le haut » comme « par le bas ». D'un côté, des étudiants chinois en Europe qui deviennent souvent entrepreneurs, des hommes et des femmes d'affaires, des cadres, des migrants bénéficiant de forts réseaux de solidarité locaux et en Chine. De l'autre, des ouvriers mal payés et vulnérables, une main-d'oeuvre féminine peu qualifiée et insécurisée socialement, la dure vie des petites mains du secteur informel.
Le livre montre le rôle des routes du commerce et de l'émigration, comme le lien que constitue le Transsibérien pour les échanges avec l'Europe. Il décrit aussi les peurs dans les pays européens, les discriminations et l'influence des mesures restrictives contre l'immigration.
En conclusion, l'analyse du chercheur chinois Wang Chunguang réconcilie cependant, vue de Pékin, la mondialisation « par le bas » et « par le haut », soulignant les réseaux informels de solidarité qui permettent notamment aux récents émigrés de trouver des capitaux pour financer leur ascension sociale : « La plupart des ouvriers chinois travaillent pour des employeurs chinois qui les nourrissent en même temps. Par rapport aux petits et moyens entrepreneurs locaux, les entrepreneurs chinois gagnent relativement plus d'argent. (...) Par contre, le salaire des ouvriers chinois est moins élevé que celui des ouvriers locaux et, surtout, leurs conditions de travail sont moins bonnes ; mais ils peuvent devenir entrepreneurs en moins de dix ans et s'enrichir assez rapidement, incarnant alors un modèle de «réussite» sociale et économique. »
Adrien de TricornotPublié par Asulon à 19:09:19 dans Bibliographies | Commentaires (0) | Permaliens
« Pour une immigration maîtrisée en Europe » Patrick Gaubert, député européen, vice-président de la sous-commission des droits de l'homme
Nous vivons une situation assez aberrante : d'un côté, les Pays-Bas viennent d'annoncer une "amnistie générale" pour tous les immigrés arrivés avant 2001, c'est-à-dire une régularisation massive d'environ 30 000 sans-papiers, et, de l'autre côté, certains Etats européens essaient de mettre en place des mesures visant à mieux contrôler l'arrivée des immigrés sur leur sol :
Il n'est plus pensable que chaque pays de l'Union européenne pratique sa propre politique. C'est d'une véritable politique d'immigration coordonnée, cohérente et à dimension européenne que l'Union a besoin.
Au soir de sa victoire, le président Nicolas Sarkozy a évoqué la nécessité de donner un élan positif à l'Europe et a exprimé sa conviction que l'immigration devait être maîtrisée et liée à une politique de développement ambitieuse. C'est une bonne chose, cela dénote une évolution de sa perception de cette question. Quel chemin parcouru entre le discours du 13 janvier 2005 dans lequel il voulait passer de "l'immigration subie à l'immigration choisie" et le discours du 6 mai faisant référence à une politique concertée aboutissant à une immigration maîtrisée. Dans l'intervalle, le Parlement européen avait montré la voie en se déplaçant sur le terrain pour observer puis proposer de nouvelles mesures pour réguler les flux migratoires.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-946512,0.html
Publié par Asulon à 14:30:37 dans France actualités | Commentaires (0) | Permaliens
Avec des lunettes à infrarouge, on aperçoit quelques taches colorées à la lisière du champ de maïs qui marque la frontière roumano-serbe. Quelques jours auparavant, les policiers roumains avaient repéré une douzaine de Serbes qui s'apprêtaient à franchir illégalement la frontière. "Ne tirez pas !, crient les Serbes en levant les mains en l'air. Nous demandons le statut de réfugiés."
Les policiers roumains interpellent de plus en plus de Tziganes serbes qui tentent de venir en Roumanie pour demander ce statut. "Depuis deux semaines, 159 Serbes ont franchi illégalement la frontière, confirme le commissaire Viorel Alexe, de la police des frontières de Timisoara, dans l'ouest du pays. C'est un phénomène nouveau, j'avoue que nous avons été surpris, mais ça se passe bien. A partir du moment où ils demandent le statut de réfugié, nous suivons une procédure très claire."
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-945505,0.html
Publié par Asulon à 16:23:52 dans Actualité Européenne | Commentaires (0) | Permaliens
Avec la nouvelle loi promise par Brice Hortefeux, ce sera la 15e fois depuis 1981 que le Parlement légifère sur la question de l'immigration, la 4e en cinq ans. On aimerait être assurés de l'impérieuse nécessité de ce texte et qu'il correspond bien non pas à des objectifs de politique intérieure mais à la recherche d'efficacité dans la construction d'une politique d'intérêt partagé entre les pays sources, les migrants et les pays d'accueil. Trois éléments nous semblent d'une importance majeure.
Tout d'abord, la reconnaissance du droit des migrants. Dans la lettre de mission adressée par le président de
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-944683,0.html
Publié par Asulon à 19:55:40 dans France actualités | Commentaires (0) | Permaliens
« Sans-papiers : condamnation d'une préfète »
A Limoges, un Togolais de 36 ans, en situation irrégulière sous le coup d'une reconduite à la frontière, a été remis en liberté le 1er août. Le juge des libertés et de la détention (JLD) n'a pas prolongé sa rétention et a condamné Evelyne Ratte, en sa qualité de préfet du département, à une amende civile de 1 500 euros pour "recours à la justice manifestement abusif". Une décision rare.
Le 29 juillet, le Togolais était placé en rétention au commissariat de police de Limoges. Le lendemain, il fait une tentative de suicide. Aux urgences, le médecin psychiatre estime que l'état de santé du patient nécessite des soins supplémentaires et ne permet pas de le présenter à la justice. Le centre hospitalier, en travaux, ne dispose pas de chambre carcérale et la préfecture décide alors de passer outre et maintient sa demande de prolongation de la rétention au JLD. Car si la prolongation n'est pas ordonnée dans les 48 heures, la personne est libre. "Le préfet aurait pu se désister de son action puisque l'homme ne pouvait pas comparaître, explique Me Hubert Dasse, l'avocat du Togolais. Mais il a continué et par là même obligé le juge à statuer." La persistance du représentant de l'Etat lui donne tort.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-943145@51-943227,0.html
Publié par Asulon à 22:02:19 dans France actualités | Commentaires (0) | Permaliens
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